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5.19. Synthèse des enjeux et perspectives des formations du secteur santé

Document de travail

Environ 7 000 personnes terminent chaque année, en Paca, un cycle de formation conduisant à un métier du secteur de la santé. A l’inverse d’autres filières dans lesquelles les niveaux de qualification s’acquièrent par paliers successifs (niveau V, puis niveau IV, puis niveau III), la plupart de ces personnes se portent directement sur le marché du travail. La relation formation-emploi dans le secteur de la santé est très forte : une formation prépare directement à un métier. (voir les spécificités de la relation formation emploi dans le secteur de la santé et du travail social). Les formations peuvent être regroupées en fonction des principaux enjeux qui les concernent.


GÉNÉRALITÉS SUR LA FILIERE DE FORMATION "SANTÉ"

Les durées d’études dans la spécialité "santé" (spécialité 331 de la nomenclature des spécialités de formation) varient de 10 mois (aide-soignant, auxiliaire de puériculture) à près de 4 années (orthophoniste). Elles visent des qualifications allant du niveau V (aide-soignant, auxiliaire de puériculture) au niveau II (sage-femme, cadre de santé). Si le coeur de la filière est constitué des formations préparant à des certifications délivrées par le ministère de la santé (62 %), bon nombre relèvent de la compétence de l’éducation nationale (certificat d’aptitude, BTS, DUT - 28 %) et certaines des chambres des métiers (brevet technique des métiers - 10 %). (voir les effectifs en formation).
Le coeur de la filière qui regroupe les formations visant les 18 métiers dont il est fait mention dans la loi du 13 Août 2004 concerne près de 70 % des inscrits (5 000 personnes) dans la spécialité "santé". Ces formations sont essentiellement de niveau III, même si la durée des études après l’obtention du baccalauréat est le plus souvent de trois années et non de deux. Dans ce panorama de 18 métiers, aucun ne relève du niveau IV de qualification.

I. AUXILIAIRE DE PUERICULTURE ET AIDE-SOIGNANT : DEUX FORMATIONS DE NIVEAU V S’APPUYANT SUR UNE OFFRE DE FORMATION DE PROXIMITE

Les formations de niveau V, qui sont également celles dont la durée est la plus courte (aide-soignant et auxiliaire de puériculture - durée globale de 10 mois) avec près de 2 000 inscrits dans l’année du diplôme, sont celles qui regroupent le plus de personnes. Le nombre d’emplois dans ces métiers est estimé, aujourd’hui en Paca, à environ 38 000. Ce sont également les formations pour lesquelles l’offre est géographiquement la plus diffuse (35 organismes de formation pour les aide-soignants). Le partenariat entre l’Éducation nationale et le Ministère chargé de la Santé permet d’ouvrir des sections d’aides-soignants et d’auxiliaires de puériculture en lycées professionnels. Ces deux formations sont pourtant celles où l’âge moyen est le plus élevé (31 ans pour les aides-soignants, 27 pour les auxiliaires de puériculture). En développant l’ouverture de ces sections dans les lycées professionnels, le vivier de recrutement s’élargit, en particulier aux sortants des filières BEP carrières sanitaires et sociales (environ 1 700 sorties par an) et du CAP petite enfance (environ 400 sorties par an). Les besoins sur ces métiers ne vont aller qu’en s’accroissant (plan grand âge, plan petite enfance, schéma régional d’organisation sanitaire...). Ces formations peuvent permettre l’accès à un emploi pour les jeunes en poursuite de formation initiale, pour des adultes en entrée plus tardive sur le marché du travail, pour des plus âgés en reconversion. Le développement de l’accès à la certification par la validation des acquis de l’expérience se justifie pleinement. Ceci permettrait également de dépasser la limite imposée de production de compétences par des capacités d’accueil restreintes en formation.

II. LA FORMATION D’INFIRMIER : UN CAS A PART

Seule formation réservant un quota de places à l’entrée en formation aux aides-soignants (20 %), seule formation pouvant se poursuivre par des spécialités (infirmier anesthésiste, de bloc opératoire ou de puériculture), la formation d’infirmier se trouve au coeur d’une suite de formations où la progression en termes de niveau de qualification est possible. Il est, par contre particulièrement difficile d’y rentrer, et les conditions d’accès sont inégales sur l’ensemble du territoire : inégalités territoriales (23 établissements mais très concentrés dans les grandes agglomérations, intégrés dans les centres hospitaliers les plus importants), inégalités financières (formations payantes ou non). Les concours d’entrée ne sont pas communs à toutes les écoles. Il semble se dégager deux groupes de publics : un premier qui est dans une logique de poursuite de formation initiale, dans la continuité de la classe terminale des lycées en se dirigeant vers des études supérieures courtes (20 %) - à laquelle il convient de rajouter ceux et celles qui ont "attendu" avant de réussir le concours (30 %), et un second groupe qui concerne plus des personnes déjà entrées dans la vie active, en promotion sociale ou en reconversion (35 % environ).
Avec la formation d’infirmier apparait un enjeu d’équilibre à trouver entre une demande forte et croissante (à laquelle l’appareil de formation a partiellement répondu par une hausse importante des quotas entre 2002 et 2004), à la fois d’emplois salariés et d’exercice en libéral. Mais quelle que soit la forme de l’exercice du métier, la formation passe par les structures d’accueil hospitalières. Celles-ci ne sont pas facilement extensibles . L’élargissement des terrains d’accueil serait à envisager (de façon expérimentale ?) par exemple, dans des cabinets d’infirmiers libéraux.

III. MASSEUR-KINESITHERAPEUTE ET SAGE-FEMME : LE PASSAGE OBLIGE PAR LA PREMIERE ANNEE DE MEDECINE PERTURBE LES REGLES TRADITIONNELLES DE L’ATTRACTIVITE ET DE LA MOTIVATION

Ces deux formations ont vu leurs quotas augmenter de manière significative ces dernières années (de 32 à 68 pour les sages-femmes, de 95 à 160 pour les masseurs-kinésithérapeutes). Elles ne souffrent pas de déficit d’attractivité dans la mesure où c’est le rang obtenu à l’issue de la première année de médecine qui va conditionner l’entrée définitive dans la formation (même si pour les masseurs-kinésithérapeutes il y a des modules de formation spécifiques à suivre). Les besoins en professionnels sont importants et la demande est forte. Mais cette demande est à raisonner en fonction des conditions d’exercice du métier : l’emploi salarié et l’exercice en libéral sont très souvent concurrents, à cause des écarts de rémunération. Par ailleurs, bon nombre de jeunes attirés par ces métiers ne parviennent pas à y accéder et se rabattent sur les formations d’infirmier.

IV. DES FORMATIONS RARES (OU NON PRÉSENTES EN RÉGION), À PETITS EFFECTIFS, QUI CHERCHENT LEUR PLACE PARCE QUE LE MÉTIER LA CHERCHE AUSSI

Les formations visant les métiers de pédicure-podologue (30 inscrits en première année), d’orthophoniste (69), d’orthoptiste (14), d’ergothérapeute (0), de psychomotricien (0), d’audioprothésiste (0) apparaissent marginales dans l’ensemble. Toutes de niveau III, elles ont la particularité de viser un seul et unique métier. Elles sont, pour cela, les plus représentatives d’une des spécificités de la relation emploi-formation dans le secteur de la santé : la relative adéquation. Les certifications sont "anciennes" et de ce fait, ne sont accessibles que par les voies de formation initiales. Ces formations cherchent leur place dans le système Licence-Master-Doctorat (LMD), la plupart d’entre elles étant rattachées à des laboratoires universitaires. Les métiers connaissent un regain d’intérêt. Ils sont le pus souvent exercés dans le cadre d’équipes pluridisciplinaires. Les actes sont conditionnés par les prescriptions des médecins spécialistes, eux-mêmes en situation "tendue" (pénurie annoncée d’ophtalmologues par exemple).
Le schéma régional d’organisation sanitaire met en avant le manque d’ergothérapeute dans les équipes hospitalières. Cette formation n’existe pas en région. Ce n’est pas parce qu’une formation n’est pas présente ou qu’elle est rare qu’il n’y a pas d’enjeu.
La formation visant le métier de préparateur en pharmacie hospitalière est également très peu développée (25), mais elle ne rentre pas dans cette logique. Récemment rénovée et inscrite au répertoire national de la certification professionnelle (RNCP), elle va probablement connaitre un développement durant les toutes prochaines années. Son accès par l’apprentissage, et uniquement après avoir obtenu le BP de préparateur en pharmacie, en fait une formation à part dans le panorama.

V. DES FORMATIONS DIFFERENTES PEUVENT CONDUIRE AU MEME METIER

Un ensemble de formations échappe à la relation très serrée entre l’emploi et la formation. Ce sont celles qui visent les métiers de manipulateur en électroradiologie médicale, technicien de laboratoire de biologie médicale, diététicien. Plusieurs formations permettent d’accéder à un même métier, ce sont le plus souvent (cinq cas sur six) des certifications de l’éducation nationale. Cela les rend plurivalentes c’est à dire que d’autres secteurs d’activité que la santé peuvent mobiliser ces compétences. Les capacités d’accueil de ces formations doivent être raisonnées de façon plus large, en tenant compte des besoins des autres secteurs.

VI. LES AUTRES FORMATIONS

La formation visant le métier d’opticien-lunetier a la particularité de se développer grâce aux contrats de professionnalisation. Cette formation s’inscrit dans le prolongement d’autres formations en optique-luneterie positionnées dans la filière commerce.

La formation d’ambulancier, rénovée en 2006, s’ouvre à la formation initiale, en particulier par alternance. Actuellement cette formation s’inscrit plutôt dans une logique de reconversion pour les publics qui la suivent. Cette formation se rapproche du secteur des transports.

La formation de cadre de santé revêt un intérêt majeur car elle détermine le niveau d’encadrement possible dans les structures hospitalières et de formation (management d’une unité de soins ou enseignement et formation en insitut de formation). Elle s’inscrit plus dans une logique de deuxième partie de carrière mais elle pourrait être accessible dans un cursus de formation initiale.

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