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4.19. Tendances d’évolution et hypothèses de croissance des emplois dans le secteur sanitaire

Document de travail

Cette fiche fait la synthèse des éléments de cadrage sur les métiers du secteur sanitaire. A travers la présentation de l’évolution de l’environnement professionnel, les perspectives de croissance des emplois sont évoquées.


LES FAITS

I. LES TYPES D’EMPLOYEURS : LES SECTEURS PUBLIC ET PRIVÉ, LES PROFESSIONS LIBÉRALES

Le secteur est marqué par une grande diversité d’employeurs. Les métiers du soin s’exercent pour la plupart en établissement hospitalier public ou privé. Les métiers de la rééducation se pratiquent pour une grande part en profession libérale, même si les interventions au sein d’établissements sont de plus en plus fréquentes. Les métiers médico-techniques s’exercent plus souvent en laboratoire spécialisé public ou privé. Les entreprises privées se développent pour les soins à domicile et le transport des urgences pré-hospitalières.
Certains métiers, comme celui d’opticien-lunetier ne se pratique pas au sein d’établissements hospitaliers. D’autres sont remis en valeur, comme celui de diététicien. Ils sont mobilisés par les établisements hospitaliers mais aussi par d’autres secteurs d’activités comme les industries agro-alimentaires.

II. LA DÉMOGRAPHIE PROFESSIONNELLE : DES MÉTIERS TRES FÉMINISÉS, PLUTOT "SENIORS" ET EN MAJORITÉ DE NIVEAU III

Les métiers du secteur sanitaire sont fortement féminisés avec quelques exceptions pour les métiers d’ambulancier, d’audioprothésiste, d’opticien-lunetier et de masseur-kinésithérapeute.

Certains métiers ont une pyramide des âges plutôt tirée vers les seniors (infirmier, sage-femme, préparateur en pharmacie hospitalière, masseur-kinésithérapeute) alors que d’autres accueillent une part importante de jeunes (ambulancier, ergothérapeute, opticien-lunetier, auxiliaire de puériculture, pédicure-podologue, orthoptiste et technicien d’analyses biomédicales).

Le niveau III de qualification prédomine dans le secteur (douze métiers sur dix-huit). Les métiers de niveau II (sage-femme, cadre de santé, spécialisation d’infirmier) et de niveau V (aide-soignant et auxiliaire de puériculture) sont ceux qui accueillent le plus d’actifs. À noter l’absence de métiers de niveau IV. Cela génère de faibles perspectives d’évolution pour les professionnels.

III. LE MARCHÉ DE L’EMPLOI : UN CONTEXTE GÉNÉRAL DE MANQUE DE PROFESSIONNELS

Le secteur est marqué par des difficultés de recrutement, notamment pour les sages-femmes et les infirmiers. Les besoins sont croissants. Une exception : les psychomotriciens ont, semble-t-il, du mal à trouver un emploi (100 demandeurs d’emploi pour 400 actifs).
De manière générale la densité de professionnels dans la région est forte. Cependant, les ergothérapeutes et les psychomotriciens sont en densité plus faible qu’en moyenne nationale.
Des inégalités territoriales existent avec une concentration plus forte dans les grandes villes et sur le littoral au détriment des zones rurales.
La densité de l’activité est souvent liée aux décisions de prise en charge du financement des soins. Le développement de certains métiers reste tributaire de l’évolution des politiques de santé publique en matière de solvabilité de certains actes (concerne surtout le pédicure-podologue et l’audioprothésiste). Le diététicien doit également trouvé sa place auprès du médecin nutritionniste.

LES PERSPECTIVES

I. L’ATTRACTIVITÉ DES MÉTIERS : UNE GRANDE DIVERSITÉ ET UN ENJEU DE RÉGULATION


Une forte demande sociale d’accès à certains métiers avec des besoins importants

L’attractivité générale des métiers de la santé est forte et en croissance. Elle concerne surtout les métiers les plus emblématiques (infirmier, aide-soignant, ambulancier). Ce sont les conditions d’exercice qui vont ensuite être déterminantes dans le choix du lieu du travail (milieu hospitalier public ou privé, exercice libéral).
Le secteur hospitalier a mis en place des politiques favorisant l’attractivité dans ses établissements : possibilité d’accéder aux corps de cadres de santé, de directeurs de soins.


Un déficit d’attractivité pour des métiers peu connus

Certains métiers souffrent d’un déficit d’attractivité. C’est surtout le cas pour le manipulateur en radiologie, le technicien de laboratoire, mais aussi pour les métiers plus rares de la ré-éducation : audioprothésiste, orthoptiste, ergothérapeute. Ceci se trouve renforcé par l’absence de formation en région (audioprothésiste, ergothérapeute).


Des métiers attractifs mais des freins financiers

Un grand nombre des professions du secteur s’exerce quasi exclusivement en libéral. Le coût de l’installation est élevé. Ce sont généralement les mêmes métiers pour lesquels les frais de scolarité sont très importants (masseur-kinésithérapeute).

II. LES CONDITIONS DE TRAVAIL : DES ÉVOLUTIONS PERMANENTES


Un maintien des risques d’usure professionnelle pour quelques métiers

Ayant pour objet les soins à la population, les conditions de travail sont parfois difficiles et contraignantes : travail de nuit, garde de fin de semaine, horaires décalés en soirée. À ces contraintes s’ajoutent les tensions nerveuses et les problèmes physiques liés aux transferts de charge (troubles musculo-squelettiques très fréquents). Ces conditions de travail engendrent des turn-over rapides au sein de certaines professions comme chez les aides-soignants et chez les ambulanciers.


Une forte dépendance aux évolutions techniques et technologiques

L’évolution technologique constante des équipements et matériels de santé exige le renforcement des connaissances en informatique, en recherche technique et paraclinique, en méthodologie et normes de qualité.


La recherche permanente de la qualité

La lutte contre les infections nosocomiales nécessite le développement de compétences en hygiène pour l’ensemble du personnel soignant en établissement. La prise en compte de la douleur modifie les traitements.
Le renforcement de la sécurité sanitaire induit le développement des procédures de traçabilité (qualité). Les tâches administratives augmentent.


Le développement de nouvelles pratiques

Les professionnels de santé sont intégrés à des réseaux de soins. Dans le cadre de la redéfinition des missions, des procédures de prise en charge des dépenses de maladie et des responsabilités entre médecins et professions paramédicales, le champ d’activité s’élargit et se complexifie. Le développement des services de soins infirmiers à domicile (SSIAD) modifient les conditions d’emploi et le développement de l’exercice hors établissement. Ceci met en évidence l’importance de la formation professionnelle continue dans ce secteur.

III. LA MOBILITÉ PROFESSIONNELLE : CHANGER DE CADRE DE TRAVAIL MAIS PLUS RAREMENT DE MÉTIER

Au sein de la fonction publique hospitalière, de nouvelles perspectives de carrières apparaissent avec le développement des possibilités d’accès aux corps des cadres et directeurs de soins. Mais cela ne concerne que les niveaux III ou II. Les perspectives pour les niveaux V (aides-soignants en particulier) sont très restreintes, de par l’absence d’un niveau IV. Quelques possibilités existent pour préparer le diplôme d’infirmier (20 % des places réservées aux aides-soignants dans les concours d’entrée aux IFSI).

Les travaux en cours sur les possibles transferts de compétences entre personnels de santé (entre médecins et infirmiers par exemple) auront un impact important sur les métiers d’infirmiers spécialisés, intermédiaires entre les médecins spécialistes et les personnels de soins.

La forte réglementation qui encadre chaque métier ne favorise pas la mise en oeuvre de la validation des acquis de l’expérience (VAE). Quelques certifications rénovées (préparateur en pharmacie hospitalière par exemple) intègrent cette nouvelle voie. Ce sont surtout les faisants-fonctions qui sont visés à travers le développement de la VAE pour leur permettre d’acquérir les certifications d’aides-soignants, d’auxiliaires de puériculture (d’infirmiers dans quelques mois).

La mobilité est souvent possible après une spécialisation. Par exemple, les formations en sciences humaines et en sciences sanitaires et sociales sont accessibles pour la plupart des diplômés des professions para-médicales. Certains métiers pouvant s’exercer dans des secteurs autres que celui de la santé, présentent des possibilités de mobilité : ergothérapeute, manipulateur en électroradiologie médicale, diététicien.... Pour quelques uns, comme ergothérapeute par exemple, il existe des possibilités de spécialisation par des formations complémentaires dans le cadre de la formation continue (gérontologie, soins palliatifs, santé humanitaire, ergonomie).

La rénovation des professions de santé et des métiers para-médicaux en particulier va demander dans les prochaines années un développement important des dispositifs de formation, initiale comme continue.

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