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3.15. Synthèse des enjeux et perspectives des formations du secteur social

Document de travail

2 500 personnes sortent chaque année des formations préparant aux métiers du travail social. Les trois quarts de ces sortants sont issus des formations professionnelles directement visées par la loi n°2004-809 du 13 Août 2004 relative aux libertés et responsabilités locales. Ces formations ont la particularité de mener à des certifications qui ont, dans douze cas sur quatorze, fait l’objet d’une rénovation complète entre 2002 et 2006. La relation formation-emploi dans le secteur du travail social est encore très forte : la logique "un métier = une certification" devrait peu à peu s’estomper.


GÉNÉRALITÉS SUR LA FILIERE "TRAVAIL SOCIAL"

Les durées d’études dans la spécialité "travail social" (spécialité 332 de la nomenclature des spécialités de formation) varient de 9 mois (auxiliaire de vie sociale) à 3 années maximum (assistant de service social, éducateur spécialisé, par exemple). Elles visent des qualifications allant du niveau V (assistant familial, auxiliaire de vie sociale) au niveau I (diplôme d’état d’ingénierie sociale). La moitié des effectifs sont inscrits dans des formations qui visent des certifications délivrées par le ministère chargé des affaires sociales, les autres relevant de l’Éducation nationale (47 %), du ministère du travail et d’une branche professionnelle.(voir les effectifs en formation).
Le coeur de la filière, qui regroupe les formations mentionnées dans le cadre de la loi du 13 Août 2004, concerne 75 % des inscrits (1 800 personnes) de la spécialité "travail social". Ces formations couvrent tous les niveaux mais en termes d’effectifs le niveau V est le plus important (807) [1]. Ce niveau vise les métiers de l’aide à la personne. Le niveau III est également important (756 inscrits) et concerne, pour le plus grand nombre, les formations aux métiers de l’éducation (dont la durée moyenne est de 3 ans). Le niveau IV essaye de se faire une place dans les métiers de l’aide sociale (technicien de l’intervention sociale et familiale) alors qu’il est très bien implanté dans la filière éducative (moniteur-éducateur). Les certifications du secteur social sont en pleine mutation : réservées il y a quelques années aux seules personnes en situation d’emploi et suivant une formation, elles s’ouvrent aujourd’hui à la formation initiale sous statut scolaire, à l’apprentissage et à la validation des acquis de l’expérience. La relation emploi-formation est très étroite dans ce secteur. À un métier correspond une certification. Celle-ci est associée à une formation dont l’accès est conditionné à la réussite d’un concours.

I. LES FORMATIONS DE LA FILIERE ÉDUCATIVE : UNE TRES FORTE ATTRACTIVITÉ, DE NOUVEAUX BESOINS ET UNE IMPORTANTE CONCENTRATION GÉOGRAPHIQUE

La filière éducative regroupe quatre formations : moniteur-éducateur (niveau IV), éducateur technique spécialisé, éducateur de jeunes enfants et éducateur spécialisé (niveau III). Elle intègre également la certification d’aide médico-psychologique de niveau V. Au niveau III, à part la certification de moniteur-éducateur qui relève conjointement de l’Éducation nationale et du ministère chargé des affaires sociales, les trois autres sont délivrées par l’Éducation nationale. Elles ont fait l’objet d’une rénovation récente (2004 - 2005) qui ouvre plus largement l’accès à la certification.
Ce sont les formations de moniteur-éducateur et d’éducateur spécialisé qui regroupent le plus d’effectifs, ce qui est cohérent avec la part des actifs occupés sur ces métiers. Les quatre formations génèrent environ 700 personnes qualifiées par an pour un nombre d’actifs occupés d’environ 10 000. Les demandeurs d’emploi sont nombreux sur ces métiers (environ 1 400). Il convient de rester prudent sur les effectifs à former à très court terme. La pyramide des âges fait apparaitre un vieillissement de la population active de ces métiers dont il faudra assurer le renouvellement à moyen terme (10 à 15 ans). Par ailleurs, les besoins de la population vont aller en augmentant (voir la fiche relative à l’état social et la fiche sur les schémas régionaux dans les domaines de la santé et du travail social). La formation d’éducateur de jeunes enfants est à raisonner avec celles visant le CAP petite enfance et le diplôme d’état d’auxiliaire de puériculture, malgré l’écart de niveau (V pour le CAP et le DEAP, III pour l’éducateur de jeunes enfants). La demande sociale d’entrée en formation est particulièrement marquée pour les formations d’éducateur de jeunes enfants (14 candidats pour 1 place), de moniteur-éducateur (10 candidats pour 1 place) et d’éducateur spécialisé (8 candidats pour 1 place), la formation d’éducateur technique spécialisé est beaucoup moins demandée (1 candidat, 1 place).
Les formations sont géographiquement très concentrées sur Marseille, Ollioules et Nice. Cela rend difficile l’accès aux formations en particulier pour les jeunes sans solution de transport ou de logement.

Cas de la formation d’aide médico-psychologique
L’aide médico-psychologique fait partie de la filière éducative des travailleurs sociaux. La formation a la particularité de ne pas "faire le plein". Le métier, et par voie de conséquence la formation, souffre d’un déficit important d’attractivité, du moins dans son ancienne formule. La rénovation semble ici jouer son rôle : de nouvelles inscriptions apparaissent, en particulier avec des contrats de professionnalisation.

II. LES FORMATIONS DE L’AIDE À DOMICILE : DES ENJEUX MAJEURS

La formation au diplôme d’état d’auxiliaire de vie sociale est l’une de celles qui conduisent aux métiers de l’aide à domicile. Elle n’est pas la seule puisque l’on dénombre (en région) huit formations différentes conduisant à ces métiers. La formation n’est pas obligatoire pour exercer le métier mais la possession de la certification améliore la rémunération, et surtout permet de démarrer un parcours évolutif dans les qualifications. Il faut résolument permettre à des jeunes d’accéder à cette formation qui constitue le premier palier d’une filière et peut permettre de raccrocher ceux qui sont en recherche d’activité.
Le paradoxe réside dans le fait que les principaux viviers de recrutement de ces jeunes (BEP carrières sanitaires et sociales, BEPA services aux personnes) sont de même niveau que la certification du DEAVS (niveau V) et que les jeunes sont peu motivés pour y entrer. La possibilité donnée aux lycées professionnels de mettre en oeuvre des cycles de formation devrait inverser cette tendance, à condition qu’elle soit associée à une véritable préparation des jeunes dès le cursus de BEP.
Pour les adultes, la certification est également un tremplin pour accéder à un autre métier plus tard. Acquérir cette certification par la voie de la validation des acquis de l’expérience est un enjeu majeur pour structurer le secteur d’activité de l’aide à domicile et plus largement, des services à la personne. Les adultes ont, pour la plupart, une solide expérience avant de s’engager dans une démarche d’obtention de la certification. Pour eux, suivre une formation n’est pas toujours possible (éloignement de l’organisme de formation du domicile, moyens de transport en commun peu développés dans certaines zones). Les demandeurs d’emploi n’ont pas souvent cette éxpérience et les formations doivent leur être largement ouvertes.

III. LE SERVICE SOCIAL : DES POSSIBILITÉS D’INSERTION

Le technicien de l’intervention sociale et familiale (niveau IV) s’inscrit dans le prolongement de la filière de l’aide à domicile, mais également en amont des formations de niveau III qui visent les métiers traditionnels et en croissance du service social : assistant de service social et conseiller en économie sociale et familiale. La formation de technicien pose un réel problème : l’attractivité est très faible, de nombreux abandons ont lieu en cours de scolarité. Les formations d’assistant social et de conseiller en économie sociale et familiale vont devoir se développer dans les prochaines années. La première, pour remplacer les départs à la retraite qui vont se faire en masse à moyen terme (10 à 15 ans), la seconde, en réponse à des besoins croissants de conseil et d’appui aux familles.
De nouveaux parcours d’accès à la certification sont à imaginer pour faciliter l’insertion des jeunes "décrocheurs" de l’université. Les sortants des filières des sciences sociales avant l’acquisition du niveau licence, possédant déjà un bagage de savoirs, pourraient ainsi être réorientés vers ces métiers. Les passerelles avec les cycles universitaires permettraient aux jeunes d’accéder à ces métiers plus facilement.

IV. LES FORMATIONS DE CADRES : UN ACCES TROP SÉLECTIF

Les formations supérieures qui conduisent aux métiers de cadres ou de conseillers sont très sélectives. La sélection n’est pas seulement sur le niveau de qualification requis et le nombre de places ouvertes aux concours, c’est aussi une question de moyens financiers. Ces cycles de formation coûtent très chers et il n’est pas toujours facile pour les petites structures de participer au financement, tout en laissant partir souvent le salarié. Il existe un enjeu de développement de l’accès à ces formations car le nombre de structures augmente et les besoins sont rééls. En termes de recrutement, les sortants des écoles de gestion sont recherchés, mais ils n’ont pas la culture du secteur social.

V. DE NOUVELLES FORMATIONS POUR DE NOUVEAUX MÉTIERS

De nouvelles formations sont apparues dans le paysage du secteur social.
L’une démarre cette année, assistant familial, et s’inscrit dans un système de professionnalisation des salariés déjà en exercice. Les départements vont avoir un rôle important dans ce processus de formation des assistants familiaux.
L’autre, médiateur familial, conforte des pratiques existantes en termes de médiation et propose une certification, reconnue en tant que spécialisation. Elle reste isolée car seule à ce niveau (niveau II) et sur un objectif de spécialisation.

Notes

[1hors assistant familial

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