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2.15. Tendances d’évolution et hypothèses de croissance d’emplois dans le secteur social

Document de travail

Les données chiffrées via le système de nomenclature nous permettent de dégager six groupes de métiers pour quatorze relatifs au diagnostic (voir F.1.10 les caractéristiques des métiers concernés). Aussi l’analyse du secteur par métier garde un aspect assez généraliste.

LES FAITS

I. LES TYPES D’EMPLOYEURS : UN RELATIF ÉQUILIBRE ENTRE SECTEUR PRIVÉ ET SECTEUR PUBLIC

Le secteur privé prédomine pour les aides à domicile qui représentent le groupe de métiers le plus important en nombre d’actifs dans le secteur social. Le statut de "particulier employeur" est en très fort développement, encouragé par les politiques publiques.

Pour les autres métiers, la part des employeurs du secteur public et celle du secteur privé sont équivalentes. Toutefois l’employeur public est majoritaire pour les assistantes de service social.

II. LA DÉMOGRAPHIE PROFESSIONNELLE : DES MÉTIERS TRES FÉMINISÉS, PLUTOT "SENIORS" ET EN MAJORITÉ DE NIVEAU III

Les métiers du secteur social restent fortement féminisés avec une exception pour le métier d’éducateur technique spécialisé qui représente une évolution professionnelle pour des hommes exerçant des métiers manuels.

Les disparités d’âges des salariés selon les métiers permet de distinguer trois catégories : les métiers ou groupes de métiers "seniors" (majoritaires), "jeunes" et "mixtes" (minoritaires).

La part des seniors est forte dans le groupe des assitantes sociales et cadres, chez les aides à domicile et chez les éducateurs techniques spécialisés. La part des jeunes et des seniors est relativement équilibrée dans le groupe des éducateurs spécialisés. La part des jeunes apparaît importante seulement dans le groupe de métiers des conseillers familiaux.

Le niveau III de qualification prédomine dans le secteur (groupe de métiers des éducateurs spécialisés excepté les moniteurs éducateurs et groupe de métiers des assistantes sociales et cadres), suivi des métiers de niveau V (groupe de métiers des aides à domicile excepté les TISF et les AMP) puis des métiers de niveau IV (moniteurs éducateurs et TISF) et I (directeur d’établissement et conseiller expert) à positon égale, et enfin des niveaux II (encadrant chef de service et médiateur familiale). Cela met en évidence les faibles perspectives d’évolution possible en termes de qualification pour les métiers majoritaires de niveau III (peu de formations de niveau II) et ceux de niveau V (peu de formations de niveau IV).

III. LE MARCHÉ DE L’EMPLOI : LE DÉSÉQUILIBRE TERRITORIAL ET LE CAS PARTICULIER DES AIDES A DOMICILE

L’offre et de la demande d’emplois sont concentrées dans les grosses agglomérations alors qu’une pénurie de travailleurs sociaux existe en milieu rural. Les problématiques relatives aux conditions de travail sont également différentes suivant le lieu (rural ou urbain) d’exercice des professions. En milieu rural les travailleurs sociaux et les employeurs sont confrontés à des problèmes d’organisation et de gestion des déplacements, en milieu urbain ils doivent davantage faire face à des problèmes de gestion de masse des demandes de services sociaux.

Pour l’ensemble des métiers du secteur il existe un équilibre relatif entre l’offre et la demande d’emploi excepté pour le groupe des métiers d’aides à domicile qui souffre d’une pénurie de personnel.

LES PERSPECTIVES

I. L’ATTRACTIVITE DES MÉTIERS : L’ENJEU DE LA LISIBILITE


Travailler dans le social : une garantie contre le chômage

L’évolution de l’emploi est forte pour tous les métiers excepté dans le groupe des assitantes sociales et des cadres où la croissance est plus lente. En effet, pour faire face à l’accroissement des publics en difficulté les effectifs de travailleurs sociaux augmentent. Travailler dans ce secteur est une garantie contre le chômage, ce qui pourrait, a priori, attirer un grand nombre de personnes. Les statuts d’emploi évoluent et un léger glissement s’opère entre l’employeur public et le secteur associaltif. Cela ne doit pas être au détriment de l’emploi lui-même.


Un nombre important de métiers du social méconnus ou peu attractifs

Dans le panorama des métiers du social se côtoient des métiers très connus et/ou attractifs, et d’autres qui le sont beaucoup moins et/ou souffrant d’un déficit d’image. Ces derniers méritent qu’on s’y intéressent car ils sont nombreux (environ la moitié). Les métiers d’aide médico-psychologique, d’éducateur technique spécialisé, de technicien de l’intervention sociale et familiale, de conseiller en éducation sociale et familiale, d’assistant familial et de médiateur familial sont peu connus. Quant au groupe des métiers de l’aide à domicile, ils souffrent surtout d’un déficit d’image car, entre autres, très associés au grand âge et ayant peu d’échos chez les jeunes.


L’enjeu de la lisibilité et des passerelles

Créer des passerelles entre les métiers, donner à voir les filières d’activités spécifiques aux caractéristiques des publics et les perspectives d’évolution (horizontale ou verticale) de chaque métier, valoriser les métiers (par des témoignages de professionnels par exemple), pourrait apporter des réponses aux problèmes d’attractivité. Pour être efficace, la mise en oeuvre de cette démarche nécessiterait la mobilisation des branches professionnelles, des OPCA, ainsi que les acteurs opérationnels de l’emploi et de la formation du secteur social.

II. LES CONDITIONS DE TRAVAIL : PRÉVENIR LES RISQUES D’USURE PROFESSIONNELLE


Un contexte qui durcit les conditions de travail

Les changements de la société (chômage, éclatement des familles, travail des femmes, vieillissement de la population, augmentation de la durée de vie...), l’accroissement des besoins (augmentation de la pauvreté et des situations de précarité et de violence, garde d’enfants et de personnes âgées...), et les évolutions des politiques d’action publique (en faveur des personnes âgées, des handicapés, des femmes en difficulté ; notion d’individu au centre du projet), transforment les situations de travail et les pratiques professionnelles (travail en réseau et équipes pluridisciplinaires). Les métiers changent, certains se créent. Ainsi la travailleuse familiale devient la techncienne de l’intervention sociale et familiale. Des activités, autrefois assumées par des aidants familiaux ou des femmes au foyer, se professionnalisent et deviennent des métiers (aide à domicile, médiateur familial).
Dans tous les cas les professionnels doivent s’adapter. Dans ce contexte, les situations de travail se complexifient, les publics et les champs d’actions des travailleurs sociaux s’élargissent et nécessitent des compétences accrues. Les métiers tendent à s’exercer en milieu ordinaire plutôt qu’en établissement. Parfois la finalité vise plus l’insertion et la gestion des situations d’urgence que l’éducation et la prévention. Le secteur s’oriente vers le développement de structures de petite taille plus à même d’apporter des réponses de proximité. Tout cela dans un contexte de réduction budgétaire. Le secteur se voit contraint d’entrer dans une culture de la performance et de la productivité.


La recherche de réponses de la part des salariés et des employeurs

L’absentéisme est marqué chez les seniors. Les travailleurs sociaux sont en demande d’actions de soutien et d’appui à leur activité professionnelle (analyse de pratique, formation courte de meilleure connaissance des publics) plutôt que de nouvelles qualifications ou certifications.
Les employeurs de leur côté sont en recherche de moyens pour financer une "vraie" politique de gestion des ressources humaines (regroupements d’employeurs, OPCA, financements publics...). Un risque de déqualification du secteur existe, à travers les pratiques de recrutement, induites par les contraintes budgétaires. Par exemple, un employeur, pour des raisons financières, peut choisir d’embaucher deux aides médico-psychologiques à mi-temps plutôt qu’un moniteur éducateur à temps plein.

III. LA MOBILITÉ PROFESSIONNELLE : UNE RÉPONSE À L’USURE ET AU MANQUE D’ATTRACTIVITÉ

La mobilité professionnelle, d’une manière générale, est peu présente dans le secteur. Lorsqu’elle est pratiquée, le plus souvent, elle est verticale.
Cela s’explique en partie par le panaroma des qualifications du secteur. La majorité des métiers étant de niveau III, la perspective d’évolution en termes de qualification serait de s’orienter vers une formation de niveau II. Celles-ci préparent davantage à des fonctions d’encadrement et de gestion qu’à une spécialisation sauf pour le médiateur familial). Les besoins ne manquent pas dans les situations de travail, en termes de spécialisation des professionnels du social. Pour les travailleurs sociaux, titulaires d’un diplôme de niveau V, leurs possibilités de qualification supérieure sont limitées aux seuls métiers de technicien de l’intervention sociale et familiale ou moniteur éducateur. L’ensemble de la filière doit poursuivre son processus de rénovation, entamé depuis 2002 au niveau national.
Pour une autre partie, les explications résident dans le fait que le secteur est marqué par une forte part de seniors qui ne sont pas forcément dans une logique de mobilité et pour qui celle-ci représente bien des risques (non reprise d’ancienneté par exemple).

La lisibilité des liens entre les métiers ainsi que la création de passerelles peut-être une réponse à la fois au problème d’attractivité et à celui de l’usure.

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