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1.16. Synthèse : enjeux et perspectives pour les formations sanitaires et sociales

Document de travail


LA TOTALITE DE CETTE SYNTHESE EST REPRISE DANS LE DOCUMENT "QUELLES QUALIFICATIONS POUR DEMAIN ?" PRESENTE DANS LA RUBRIQUE "ELEMENTS DU DEBAT".

Dans le cadre de la préparation du schéma régional des formations dans le secteur sanitaire et social, l’ORM a été mandaté par la Région pour réaliser un diagnostic partagé de la situation des formations initiales des travailleurs sociaux et de certains professionnels de santé. Ce diagnostic préalable, conduit en collaboration avec l’Insee, la DRASS, l’ORS, le DROS ainsi que la DRTEFP, s’inscrit en amont de la construction de l’action publique. Réalisé sous forme interactive, il a pour objectif de mutualiser la connaissance, de diffuser l’information et d’inciter au débat afin de mieux préparer la prise de décision des pouvoirs publics régionaux.
Le schéma régional des formations initiales dans le secteur sanitaire et social s’inscrit dans le cadre plus global du plan régional de développement des formations professionnelles (PRDFP) dont les principaux objectifs se déclinent de manière différenciée selon les formations. Cette présentation tente de faire la synthèse des problématiques des formations sanitaires et sociales en lien avec les priorités du PRDFP. Elle renvoie à l’ensemble des fiches constitutives des cahiers du pré-diagnostic.


Vous êtes invités à prendre également connaissance des fiches :
F1.14 : Les spécificités de la relation formation emploi dans les secteurs sanitaire et social
F2.15 : Tendance d’évolution et hypothèses de croissance des emplois du secteur social
F3.15 : Synthèse des enjeux et perspectives des formations du secteur social
F4.19 : Tendance d’évolution et hypothèses de croissance des emplois du secteur sanitaire
F5.19 : Synthèse des enjeux et perspectives des formations du secteur sanitaire

L’organisation du système des acteurs du secteur économique de la santé et du travail social apparaît aux yeux de beaucoup comme une nébuleuse, complexe et fermée. Réservée à un cercle d’initiés, elle donne l’impression de vivre sur elle-même et de ne communiquer qu’assez peu sur ce qui la caractérise. Pourtant, que ce soit pour le travail social ou les professions paramédicales, ce secteur dispose de nombreux atouts qui peuvent servir de levier pour insérer dans la vie active bon nombre de jeunes et d’adultes.
Deuxième secteur employeur en région avec près de 210 000 actifs occupés (libéraux et salariés), il génère également un important dispositif de formation. La filière sanitaire et social en PACA rassemble en effet près de 50 000 jeunes inscrits au cours d’une année dans l’ensemble des cycles de formation, tous dispositifs confondus. Le marché du travail est particulièrement tendu. Les besoins en qualifications dans ces métiers sont difficiles à estimer tant ils sont liés à des politiques publiques sensibles. Le recrutement de personnel formé dans d’autres régions de France ou de la communauté européenne est important en PACA et palie partiellement à la pénurie de professionnels. Tout ceci contribue à complexifier le champ de l’observation.
L’application de la loi du 13 août 2004 relative aux libertés et aux responsabilités locales est l’occasion de mieux partager la connaissance des caractéristiques de ce secteur avec les acteurs locaux de la relation emploi-formation.

Une relation emploi-formation étroite mais avec des possibilités d’élargissement

Aujourd’hui, la filière sanitaire et social se caractérise par une relative adéquation entre une formation et un métier. Par exemple, le métier de masseur-kinésithérapeute ne peut s’exercer que si la certification est acquise et celle-ci ne permet d’exercer que ce seul métier. Cette logique de métier l’emporte sur une logique de compétences. En effet, dans d’autres filières, le raisonnement se fait plutôt par groupe : à un ensemble de formations correspond une famille de métiers. Dans ce cas, les compétences sont davantage au cœur de la relation et les questions de mobilité et de transférabilité trouvent plus facilement des solutions. Beaucoup de métiers des secteurs de la santé et du travail social souffrent de ce manque de transversalité.


Le rapprochement des certifications de niveau V des deux secteurs

La rénovation pédagogique des certifications (refonte des référentiels d’activité, de formation et de certification), réalisée dans le secteur social entre 2002 et 2006 et entamée depuis peu dans le secteur de la santé, devrait conduire progressivement à la transférabilité des savoirs. D’ores et déjà des regroupements peuvent être faits afin de raisonner le développement des formations sur les prochaines années. Le groupe des formations de niveau V en est un exemple.
Les nouvelles certifications d’aide-soignant et d’auxiliaire de puériculture pour la santé, d’aide médico-psychologique et d’auxiliaire de vie pour le travail social, permettent d’établir des premières passerelles. Des unités de formation peuvent être communes et des dispenses peuvent être octroyées pour les titulaires de l’un de ces diplômes qui voudraient se diriger vers un autre. Toutefois, il faudra probablement quelques années pour que ces pratiques se diffusent.


La perspective de la réforme LMD

Ce raisonnement par ensemble de formations visant des groupes de métiers n’est pas encore possible pour tous les niveaux. La réforme de l’enseignement supérieur avec les cursus Licence-Master-Doctorat (LMD) devrait créer des possibilités pour les niveaux III et II. Que ce soit dans le travail social comme dans la santé, ces passerelles avec l’enseignement supérieur peuvent être favorables aux jeunes « décrocheurs » de l’université qui rencontrent de réelles difficultés d’insertion. Ainsi, les sortants en fin de première ou seconde année en sciences sociales pourraient plus facilement retourner sur des cycles de formation professionnalisés en vue d’obtenir une certification de niveau III dans le travail social. À l’opposé, ceci engendrerait chez les seniors "décrocheurs" de l’activité professionnelle, de nouvelles possibilités de spécialisation.

L’accès du plus grand nombre à une première certification professionnelle

Cet objectif du PRDFP appliqué aux certifications du secteur sanitaire et social, conduit à raisonner globalement l’accès aux quatre métiers qui forment le socle de la filière : aide-soignant et auxiliaire de puériculture, auxiliaire de vie sociale / aide à domicile et aide médico-psychologique. De niveau V, ces métiers constituent le volume d’actifs occupés le plus nombreux et pour lequel le turn-over est important. Les effectifs de formés sont également les plus nombreux. Les cycles de formation sont d’une durée maximale d’un an. Le public qui les fréquente est constitué tout autant d’adultes en reconversion ou en phase de professionnalisation, que de jeunes en prolongement de parcours initial. Pour ces derniers, le plus souvent issus des BEP carrières sanitaires et sociales, il est paradoxal de poursuivre un parcours de niveau V par un autre de même niveau.
Toutes les voies d’accès aux certifications sont mobilisables : validation des acquis de l’expérience, contrats de professionnalisation, voies scolaires et apprentissage, formation professionnelle pour les demandeurs d’emploi. La demande sociale pour entrer en formation est forte. Autant d’éléments favorables au développement de ces métiers. C’est d’ailleurs essentiellement sur eux que reposent les besoins, nouveaux et croissants de la population, en soins comme en services d’aide à domicile. Les organismes de formation sont nombreux et le maillage territorial est important mais les capacités d’accueil ne suffiront pas à assurer les besoins en qualification. La validation des acquis de l’expérience (VAE) est une voie à développer pour tous les publics adultes. L’insuffisance de moyens rend celle-ci encore peu accessible à ceux qui en ont le plus besoin. La demande sociale de VAE dépasse très largement les possibilités d’instruction par les services et de délibération par les jurys. Comme ailleurs, la VAE reste une voie d’accès aux certifications méconnue des candidats potentiels.
Des efforts de communication restent à développer pour valoriser le métier d’aide médico-psychologique, mal connu et pour lequel la filière de formation est très peu attractive. L’accès possible aujourd’hui par contrat de professionnalisation semble lui être favorable.
La formation d’ambulancier peut également rentrer dans cette catégorie permettant l’accès rapide à l’emploi. Elle a fait l’objet d’une rénovation pédagogique en 2006 et s’ouvre à la formation initiale. Elle poursuivra cependant à être plutôt une formation pour adultes en processus de reconversion. Elle concerne environ 300 personnes par an en région, sans exigence quant au niveau scolaire général.

L’élévation du niveau de qualification

La relation très particulière entre la certification et l’exercice du métier ne favorise pas, a priori, le changement de niveau de qualification. Pour y parvenir, dans la plupart des cas, il faut changer de métier. Élever son niveau est d’autant plus difficile que le niveau IV est quasi inexistant dans l’offre de formation à l’exception de celle de technicien de l’intervention sociale et familiale et de moniteur-éducateur. Pour contourner cette difficulté, des solutions sont mises en place, basées sur une tradition de valorisation de l’expérience professionnelle. Par exemple, 20 % des places offertes aux concours d’entrée dans les écoles d’infirmiers sont réservées aux aides-soignants.
Un moyen d’encourager l’élévation du niveau de qualification est d’empêcher la sortie du système scolaire à l’issue du BEP carrières sanitaires et sociales. Absent pendant longtemps de l’offre de formation, le baccalauréat professionnel dans les spécialités des services à la personne commence à se développer : services de proximité et vie sociale, services en milieu rural. Le baccalauréat technologique sciences médico-sociales vient également de bénéficier d’une rénovation et devient le baccalauréat technologique des sciences et technologies de la santé et du social. Les scolaires qui le souhaitent devraient pouvoir se diriger vers le niveau IV au sein de leurs établissements.
Pour les adultes, il faudrait améliorer les passerelles entre métiers en utilisant les acquis de l’expérience. Le passage d’une culture de la valorisation du passé professionnel à une pratique de la validation des acquis de l’expérience, démarche peu aisée dans le cadre de professions réglementées, doit être progressivement aidé. Si cette évolution répond à une logique d’élévation des niveaux de qualification, sa mise en oeuvre peut s’avérer délicate dans certaines structures en termes de gestion des ressources humaines et de rémunération.

Une place majeure pour la pratique

L’une des caractéristiques essentielles des formations sanitaires et sociales est l’intégration au sein de chacune d’entre elles, d’une durée importante réservée à la pratique. Toutes les formations de niveau III, devraient théoriquement, comparées aux autres filières, se dérouler sur deux années après le bac. Or leur durée moyenne est de trois années. Les stages sont nombreux. Ils demandent des structures d’accueil et du personnel d’encadrement. Cela ne va pas sans poser des difficultés car ces structures ne sont pas extensibles et le personnel d’encadrement doit obtenir les qualifications nécessaires (formation de cadre de santé par exemple) pour assurer le tutorat. Le développement de l’emploi, en particulier dans le secteur de la santé, ne se fait pas seulement au sein des établissements publics et privés, mais également en exercice libéral. Face au développement des emplois de proximité, ne serait-il pas possible d’associer davantage les libéraux dans les processus d’accompagnement des formés ? Des expérimentations pourraient être encouragées et se développer en ce sens. Dans les secteurs du travail social et de la santé où les phénomènes d’usure sont très marqués, la culture de l’accompagnement pourrait être mise à profit en proposant aux seniors de consacrer une partie de leur temps au parrainage des plus jeunes.
Cette place importante de la pratique a un coût élevé. Tous les moyens de financement disponibles doivent être mobilisés pour assurer le financement des frais de scolarité et la rémunération des formés les plus en difficulté. De nouvelles formes de contractualisation entre employeurs et salariés seraient à encourager comme le financement de la formation et de la rémunération contre un engagement de servir l’employeur pendant quelques années, dispositif encore peu développé aujourd’hui.

Les inégalités d’accès

L’appareil de formation dans son ensemble est confronté à des difficultés de type matériel. Problèmes de locaux vétustes ou exigus, problèmes d’équipements coûteux ... autant de difficultés souvent mentionnées par les établissements, comme un frein à l’accueil des jeunes.
Certaines formations sont géographiquement très concentrées sur les pôles urbains de Marseille, Nice et Toulon (formations du travail social surtout). Sans pour autant les disséminer sur l’ensemble du territoire, les jeunes devraient pouvoir y accéder plus facilement. Les inégalités d’accès pourraient s’estomper en permettant, par exemple, aux jeunes des Hautes-Alpes (où l’emploi se développe) d’aller suivre leur formation ailleurs et de revenir ensuite. Il s’agit plus d’agir sur la complémentarité des dispositifs et les équilibres de territoire.
Ce n’est pas tant le développement de l’appareil de formation qui est au cœur de cette réflexion mais les politiques d’aide à l’accès aux formations (bourses, prises en charge des frais de scolarité, prises en charge de la rémunération, aides à l’hébergement et au transport, que ce soit pour les adultes en situation d’emploi comme pour les jeunes en parcours initial). Ainsi, le développement des formations de niveau V au sein des lycées professionnels renforce le maillage territorial et ouvre des voies d’accès aux certifications (formation initiale sous statut scolaire) pour un nouveau public (jeunes scolaires, sans passage obligé par une situation d’emploi). L’apprentissage est également mentionné comme un outil intéressant, des expérimentations de formation d’éducateurs en sont la preuve. Cette modalité conjugue l’objectif de formation avec celui de maintien dans l’emploi des seniors puisque bon nombre d’entre eux souhaiterait pouvoir développer des échanges de pratique et le tutorat.

La ré-insertion professionnelle

Les jeunes des quartiers sensibles, les travailleurs handicapés, sont autant de populations pour lesquelles un emploi qualifié dans le secteur est un moyen de ré-insertion. Un bon nombre de ces publics se dirige vers les formations et les emplois d’animateurs (hors champ de l’étude), plus faciles d’accès. Ces animateurs assurent parfois des missions d’éducateur, mais ils sont largement exposés à des conditions d’emploi précaires ainsi qu’au chômage. Même s’il est rarement de longue durée, il peut y avoir des scrupules à engager les jeunes vers l’animation, sauf si cet accès est raisonné comme un tremplin, première marche vers les métiers de l’aide sociale. Les acteurs de la politique de la ville mériteraient d’être associés à cette réflexion. Les certifications de l’animation pourraient être prises en compte dans les travaux préparatoires aux schémas.
Un important effort de professionnalisation des assistants familiaux se met en place. Il vise à permettre à ceux et celles qui accueillent des enfants à leur domicile d’acquérir une première certification de niveau V. Celle-ci peut réellement devenir un moyen de ré-insertion dans un parcours professionnel. La place qu’occupe les Conseils généraux dans l’aide sociale est ici un élément très important.

Asseoir le développement de la filière de formation

La filière de formation sanitaire et social regroupe à elle seule de nombreux particularismes. Le fait qu’il s’agisse du territoire de Provence - Alpes - Côte d’Azur en est un.
La région est attractive. Elle attire des personnes désireuses de vivre leur retraite dans la région, mais elle est également attractive pour les professionnels de santé et du travail social formés dans d’autres régions, y compris de la communauté européenne. Le marché du travail leur est très ouvert. Cela comble en partie les déficits constatés sur certains métiers mais ne contribuent pas aux objectifs d’accès et de stabilisation dans l’emploi des populations locales. Pourtant la demande sociale est très forte, mais elle est soumise à deux freins majeurs : d’une part, les quotas de formation dont la logique d’élaboration (à l’échelon national) échappe aux problématiques régionales, et d’autre part, la non-solvabilité de nombreux emplois de services qui s’adressent à des personnes à faibles revenus.
Une autre particularité de cette filière est la forte mixité des publics en formation : adultes en reconversion professionnelle ou en promotion sociale, et jeunes en prolongation de scolarité initiale. Cette spécificité implique des règles de gestion particulières dont celle de l’égalité de traitement, logique difficile à mettre en oeuvre dans le contexte actuel des financements de la formation. Il s’avère que de nombreux déséquilibres apparaissent en fonction du statut du formé car certaines formations sont payantes alors que d’autres sont gratuites.
Le développement raisonné de la filière de formation passe par une mutualisation des moyens en fonction des objectifs prioritaires de chaque acteur, y compris au niveau national. Les droits à compensation sont une première réponse. Mais les difficultés grandissantes des organismes de formation, tant en investissement qu’en fonctionnement, doivent faire partie de la réflexion globale du développement de la filière. Les étapes précédentes de la décentralisation (1983 en particulier) dans le domaine de la formation (apprentissage et lycées par exemple) ont montré que la réussite d’une telle opération passe par une approche globale, les différentes composantes des dispositifs étant étroitement mêlées, associée à une gestion de proximité.

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