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1.03. L’état sanitaire régional et l’offre de soins

Document de travail


Comparé à l’ensemble de la France, la situation sanitaire de la région est un peu plus favorable. Les explications peuvent être diverses comme une meilleure qualité de vie due au climat et des activités économiques exposant peut-être moins les salariés. La forte présence de professionnels de santé et d’équipements médicaux et paramédicaux joue un rôle essentiel.
Au-delà d’inégalités sociales significatives mais aussi d’inégalités géographiques, l’accès à l’offre de soins est facilité par une densité de médecins et d’auxiliaires médicaux nettement supérieure à celle de l’ensemble de la France.
En termes de prospective, la question se pose de savoir si cet atout contribuera à faire face, dans les prochaines années, aux risques liés au développement de certaines pathologies, à l’évolution des modes de vie et de consommation des populations, à la dégradation de l’environnement ainsi qu’aux besoins de prise en charge des personnes âgées. La structuration et la répartition des ressources régionales permettront-elles de répondre aux besoins en matière de soins, de prévention et d’éducation sanitaire ?

I. UNE SITUATION SANITAIRE UN PEU PLUS SATISFAISANTE QU’AU NIVEAU NATIONAL

Avec un indice de mortalité générale légèrement inférieur à la moyenne nationale, la région se caractérise par une situation sanitaire relativement favorable. Cette situation est générale à l’ensemble des départements, à l’exception des Bouches-du-Rhône qui enregistrent une surmortalité chez les femmes (102,5). À noter cependant une surmortalité régionale de 12 % chez les 15-34 ans.

Indice de mortalité Femmes Hommes
France métropolitaine 100 100
Provence - Alpes - Côte d’Azur 97,9 95,2

Source : INSERM Cépi Dc INSEE - Indice comparatif de mortalité 1998 - 2000.

Provence - Alpes - Côte d’Azur se situe au 5e rang des régions françaises les mieux placées pour l’espérance de vie. Elle est de 75,8 ans pour les hommes et de 83 ans pour les femmes.

II. DES RISQUES SANITAIRES IMPORTANTS

L’impact des inégalités sociales
Le taux de morbidité (défini en fonction des déclarations d’une ou de plusieurs maladies chroniques) ne varie pas selon les niveaux de revenus des individus. Toutefois, les troubles mentaux et du comportement ainsi que les maladies digestives sont plus fréquents chez les personnes vivant dans un ménage pauvre. Par exemple, les risques de dépression sont trois fois plus élevés chez ces personnes. Cette caractéristique est particulièrement visible chez les femmes pauvres ou chez les hommes au chômage.
Certaines maladies ou problèmes de santé, plus fréquents dans les milieux défavorisés, sont en recrudescence ou se développent dans la région, c’est le cas de la tuberculose et de l’obésité. D’autres, comme le SIDA, entraînent des difficultés sociales et professionnelles pouvant se traduire par un processus de précarisation.
Les experts de la santé identifient trois groupes de populations particulièrement vulnérables en Paca parce que davantage exposés à des problèmes de santé mentale et plus éloignés des systèmes de soins : les personnes en situation de précarité, les personnes confrontées à des pratiques addictives et les personnes âgées.
Les comportements d’accès aux soins varient selon les moyens financiers des individus. Les personnes disposant de revenus supérieurs consultent davantage les spécialistes (4,85 recours par an) que les personnes disposant de bas revenus (2,96).

Pollutions : un enjeu sanitaire primordial
La pollution atmosphérique en milieu urbain occupe une place de plus en plus importante en Paca, région la plus touchée par les épisodes de pollution par l’ozone. Ses conséquences (insuffisances respiratoires, maladies cardiovasculaires, asthme), pouvant se traduire par une augmentation de la mortalité anticipée et de la morbidité hospitalière, constituent, dès aujourd’hui, un véritable défi sanitaire.
La mortalité masculine par cancers de la trachée, des bronches et du poumon est plus forte à l’ouest de la région qu’à l’est. Ce clivage recoupe une dichotomie économique et sociale entre l’ouest, où se concentrent les activités industrielles, une population ouvrière et de nombreux chômeurs, et l’est où dominent les activités tertiaires et où vit une population plus aisée.

III. UNE OFFRE DE SOINS TRES DÉVELOPPÉE

Les densités des professionnels de santé, quelle que soit leur spécialité, sont toujours supérieures à la moyenne nationale. Pour autant, il existe des inégalités infra-régionales. Le niveau d’équipements hospitaliers est aussi supérieur à la moyenne nationale et ce phénomène est encore plus marqué pour les soins de réadaptation.

Une présence massive de médecins et la région la mieux dotée en médecins libéraux
Au 1er janvier 2006, la région comptait 19 827 médecins généralistes et spécialistes. Les médecins libéraux (12 907 en Paca) sont presque deux fois plus nombreux que les médecins salariés (6 920). En comptant libéraux et salariés, les spécialistes sont plus nombreux (10 603) que les généralistes (9 224). La densité régionale de médecins libéraux est de 271 pour 100 000 habitants pour 199 en moyenne en France. Cette densité passe de 296 médecins pour 100 000 habitants dans les Bouches-du-Rhône (290 dans les Alpes-Maritimes) à 201 dans le département des Alpes-de-Haute-Provence.

Une forte densité des autres professions de santé

Densité pour 100 000 habitants Paca France
Infirmiers 996 785
Sages-femmes 124 120
Pharmaciens 134 115
Masseurs-kinésithérapeutes 149 102
Orthophonistes 37 28

Source : DREES - Fichier ADELI - 01-01-2007.

Cette forte implantation se traduit par un nombre d’actes par an et par habitant supérieur à l’ensemble de la France, notamment pour les infirmiers (8,7 actes pour 4,5) et les masseurs kinésithérapeutes (4 actes pour 2,4). L’activité des laboratoires est, elle aussi, supérieure à la moyenne nationale (198 coefficients d’actes en B par an et par habitant pour 150 en moyenne).

Forte attractivité pour les professions libérales
Si, comparé à l’ensemble de la France, Paca compte davantage de professionnels de la santé proportionnellement au nombre d’habitants, cela tient surtout au choix d’une grande partie d’entre eux d’exercer dans la région sous statut libéral. Ce choix s’explique par la qualité de vie qu’y trouvent ces professionnels sachant que la présence importante de personnes âgées requérant davantage de soins représente aussi un facteur économique attractif.

Densité pour 100 000 habitants Paca France
Infirmiers 205 107
Sages-femmes 25 18
Chirurgiens-dentistes 84 62
Masseurs-kinésithérapeutes 128 80
Orthophonistes 32 21

Source : DREES - Fichier ADELI - 2006.

IV. DAVANTAGE DE PERSONNES AGÉES MAIS MOINS D’ÉQUIPEMENTS

En 2005, la région compte 1 116 000 personnes âgées de 60 ans et plus. Au sein de cette population, entre 71 000 et 74 000 personnes ont besoin d’être accompagnées dans la vie quotidienne. Selon les estimations, le nombre de personnes âgées dépendantes devrait croître d’au moins 10 % dans les 10 ans.
La question de leur prise en charge se pose avec d’autant plus d’acuité en Paca où la part des personnes âgées est plus importante qu’au niveau national tandis que les structures d’hébergement collectif pour les accueillir sont moins développées qu’ailleurs.

Indicateurs Paca France
Part dans la population des 60 ans et plus (2005) 24 % 21 %
Taux d’équipement en maisons de retraite et unités de soins de longue durée [1] 93 places 108 places

Source : Sud INSEE l’essentiel, n° 85

Notes

[1Nombre de places pour 1 000 habitants de 75 ans et plus

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