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1.02. L’état social régional

Document de travail


La situation sociale de la région est plutôt contrastée. Les explications sont multiples comme le niveau élevé du chômage, le nombre important et en croissance de Rmistes, les problèmes de logement, la part élevée des prestations sociales pour vivre.
Les moyens financiers, humains, et les dispositifs mis en place ne suffisent pas toujours à répondre à la demande des usagers. L’effet de masse (126 000 Rmistes en PACA et la gestion de l’urgence rendent souvent difficile le travail social.
Autre difficulté, l’accueil des personnes âgées et des personnes handicapées. Il y a un nombre de places d’accueil et d’hébergement insuffisant. En termes de prospective, cette situation risque de s’amplifier dans les prochaines années au regard du vieillissement de la population.
Est-ce que la structuration et la répartition des ressources régionales permettront de répondre aux besoins en matière d’accueil, d’accompagnement et de suivi des usagers ?

I. UNE SITUATION SOCIALE CONTRASTÉE ENTRE L’AUGMENTATION DES REVENUS ET LA PERSISTANCE DE LA PRÉCARITÉ

La croissance économique a des effets positifs sur les salaires et l’emploi, mais la persistance de la précarité reste un réel problème. La mise en relief de quelques indicateurs montre que persiste un dualisme entre des revenus en progression et de nombreuses situations de précarité.

Le revenu annuel régional moyen par habitant a augmenté de 4,5 % entre 2000 et 2001 et atteint 15 600 euros. Il est plus élevé que celui des autres régions françaises, hors Ile-de-France. Il existe des disparités entre les départements. Elles peuvent s’expliquer par exemple, par la différence de structure de la population et par un taux de travail à temps partiel plus ou moins fort selon les départements. La région se caractérise également par un large éventail de revenus notamment pour les départements bordant la Méditerranée. Les écarts de revenus sont moins importants pour les départements alpins. Le département des Bouches-du-Rhône reste le plus disparate alors que celui des Hautes-Alpes est le plus homogène en matière de revenu. Par ailleurs, la part élevée des prestations en espèce (33,3 % des ressources des ménages en Paca, 30,9 % en France) atteste d’une situation encore persistante de la précarité dans la région. Un bon nombre des ménages compte de façon importante sur les aides diverses pour vivre.

II. UNE FRAGILITÉ SOCIALE MAIS UN RECUL DU CHOMAGE

Fin mars 2007, la région Paca compte 183 513 demandeurs d’emploi et un taux de chômage de 10,1 % (8,3 % en France). Il enregistre un certain recul sur un an (- 1,7 %). Globalement depuis 2001, le chômage régional est relativement stable au regard de l’amélioration enregistrée lors de l’embellie économique entre 1997 et 2001. Cette période s’était caractérisée par une forte création d’emplois, essentiellement portée par le secteur tertiaire marchand. Parallèlement, les formes de contrat dites précaires, très répandues au sein des activités de services, se sont largement développées en région.

Malgré un léger repli, le chômage continue à toucher davantage les femmes, les jeunes non qualifiés, les personnes les plus éloignées de l’emploi (chômeurs de longue durée, les personnes ayant un handicap lourd). De son côté, l’emploi créé en région, de par ses caractères précaires et instables, est loin de réduire les inégalités entre les populations et engendre une nouvelle catégorie d’individus : « les travailleurs pauvres ».

Les salariés à bas revenus d’activité (un revenu d’activité inférieur à 60 % du SMIC) représentent 450 000 personnes en région en 2004, soit 28 % des personnes ayant un emploi salarié. Différentes situations, souvent cumulées, expliquent en grande partie cette réalité : une faible durée du travail annuel, un emploi à temps partiel, une ou plusieurs périodes de chômage dans l’année. Les bas revenus d’activité touchent un tiers des femmes et 61 % de jeunes de moins de 25 ans. Ils concernent des emplois peu qualifiés : plus de 55 % des employés des services aux particuliers, 52 % des ouvriers non qualifiés. Certains secteurs d’activité sont plus représentés que d’autres : le nettoyage et la sécurité (58 %), l’hôtellerie et la restauration (50 %), les activités associatives, récréatives, l’agriculture (entre 46 % et 49 %).

La région doit faire face à l’ensemble de ces fragilités sociales qui se traduit par une « pauvreté monétaire » mais aussi par un manque de lien social.

La « pauvreté monétaire » (niveau de vie sous le seuil de bas revenu) concerne une personne sur six parmi la population de référence (les moins de 65 ans hors étudiants et personnes relevant de régimes spéciaux). Elle touche notamment les familles monoparentales et des personnes seules (surtout les femmes), les jeunes et les étrangers non européens.

Un nombre élevé de bénéficiaires de minima sociaux. Les Rmistes représentent un peu plus de 5 % de la population en Paca. En janvier 2005, il y a en France 33 allocataires du RMI pour 1 000 personnes de 20 à 59 ans, près de 52 pour 1 000 dans la région Paca, 71 pour 1 000 dans les Bouches-du-Rhône. La majorité des allocataires sont des femmes, tout comme les bénéficiaires d’allocations de parent isolé, en forte hausse. Avec l’allocation adulte handicapé, ce sont plus de 200 000 personnes directement concernées par les minima sociaux (souvent appelées allocataires) et plus du double si l’on considère les populations couvertes par ces aides financières.

L’illettrisme est une question préoccupante en Paca notamment chez les jeunes appelés à rentrer sur le marché du travail. Ce phénomène est présent en Paca, de manière plus importante qu’au niveau national (en 2003, lors de la journée d’appel de préparation à la Défense, 5,9 % des jeunes de 17 ans de la région avaient de graves difficultés de lecture, contre 4,6 % en France).

Le nombre de personnes accueillies dans les permanences sociales est en augmentation. Il s’agit principalement de femmes, seules ou avec enfants ayant des difficultés financières ou d’emploi. Viennent s’ajouter à ces difficultés, les problèmes de logement : retard en matière de logements sociaux, rareté du foncier, pratiques spéculatives dans l’immobilier. Certaines populations (classes moyennes, familles dans la précarité) vivent en zones urbaines sensibles, et/ou dans des logements insalubres (par exemple, dans le 1er arrondissement de Marseille).

III. UNE INÉGALITÉ TERRITORIALE D’ACCES AUX STRUCTURES D’ACCUEIL

Les disparités territoriales ont façonné l’offre de services d’accueil et les modes d’intervention sociale. Sur les territoires les moins habités de la région comme ceux du haut pays, il y a peu de structures d’accueil. Pour répondre à la demande des usagers souvent isolés, une part importante de la durée d’intervention des travailleurs sociaux passe dans le temps de transport. Par ailleurs, la faible couverture de services sociaux liée à la densité de la population pose quelque fois des problèmes d’anonymat.

Sur le littoral et dans les grandes agglomérations (Marseille, Toulon, Nice), les services sociaux sont concentrés pour répondre aux demandes diverses et nombreuses des usagers. Les travailleurs sociaux, certes en nombre, doivent faire face à l’ensemble de ces demandes et les accompagner. Pour assurer la qualité du service rendu, l’organisation du travail doit maintenir un bon niveau de gestion des dossiers à ne pas dépasser.

IV. UN DÉVELOPPEMENT SOUTENU DES POLITIQUES SOCIALES

Au regard de la gravité présente et annoncée des problèmes sociaux, le développement des politiques sociales reste soutenu. Deux enjeux se dessinent : celui de l’emploi-formation, et celui de l’hébergement des populations (services d’accueil et de prises en charges, création d’établissements).

D’ores et déjà, le développement des politiques sociales engendre de l’emploi direct ou indirect (par exemple, celui lié aux emplois de proximité portés par les associations) mais également des besoins en formation (besoins de cadres d’emploi et d’intervenants en travail social).

D’après les projections de population de l’Insee, la région comptera plus de cinq millions d’habitants en 2020 dont 29 % auront plus de 60 ans (1,5 million) et parmi ceux-ci, plus 500 000 auront plus de 75 ans. Malgré le fort développement des services de prise en charge des personnes âgées, ceux-ci ne pourront pallier le manque de lits en établissements. Il s’agit au plus vite d’anticiper le besoin d’hébergement déjà insuffisant (taux d’équipement en établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes de 105 lits pour 1 000 habitants de 75 ans et plus contre 129 au niveau national).

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